les marques horlogères

Jaquet Droz

Pierre Jaquet Droz est né le 27 juillet 1721 à la Chaux-de-Fonds, une petite ville de la principauté de Neuchâtel dans le Jura suisse.
En 1738, alors qu’il est inscrit à la faculté de théologie de l’Université de Neuchâtel, il décide de renoncer à l’institution pastorale et de se consacrer totalement à l’horlogerie.

En effet, dès son retour à La Chaux-de-Fonds, à l’issue de ses études à l’Académie de Bâle où il suit les cours de l’éminent physicien et mathématicien Daniel Bernoulli, il se passionne pour cette nouvelle industrie qui commence à s’implanter dans le pays, l’horlogerie. Immédiatement, Pierre Jaquet Droz se distingue des ouvriers horlogers ; il perfectionne différentes pièces de la montre puis adapte aux pendules un carillon et des jeux de flûte. 
Il projette ensuite de résoudre le grand problème du mouvement perpétuel. Cette vaine tentative lui permet de concevoir l’idée d’une pendule qui, grâce à la combinaison de deux métaux inégalement dilatables, pourrait fonctionner sans être remontée. 
Avec son fils Henry-Louis et son fils adoptif, Jean-Frédéric Leschot, il crée la maison Jaquet Droz et ouvre une manufacture à Londres (Bartlett’s Building) en 1774. 
Les pièces qui y sont produites sont plus particulièrement destinées au marché chinois. Il présente des automates de plus en plus sophistiqués dont les trois exceptionnels automates androïdes : L’Ecrivain, Le Dessinateur et La Musicienne. 
Ce sont eux qui vont véritablement asseoir la réputation de la Maison. Que ce soit à la Chaux-de-Fonds, où il a installé une manufacture en 1738, ou lors des tournées de présentation en Europe et en Russie, Pierre Jaquet Droz est couvert d’éloges. En 1775, à Paris, les automates sont même présentés au roi de France Louis XVI et à la reine Marie-Antoinette littéralement fascinés. 
En 1784, il quitte La Chaux-de-Fonds et s’établit à Genève où il crée la première manufacture horlogère jamais installée dans cette ville. 
C’est là que seront produites les pièces de petits volumes, telles les tabatières, les montres à carillon et autres oiseaux chanteurs. 
Mais la gestion de trois sites de production devient très lourde. Pierre Jaquet Droz rejoint son fils à Genève, puis il s’établit à Londres. 
Des difficultés financières apparaissent, leur principal agent en Chine étant acculé à la faillite. Peu après son arrivée à Bienne, il y décède en 1791.

De nombreuses pièces, destinées principalement au marché chinois, présentent le dispositif de remontage par pression successive sur le pendant, basé sur l’invention de Jean-Antoine Lépine. 
Les Jaquet Droz sont parmi les premiers horlogers suisses à utiliser le calibre avec un barillet suspendu et des mobiles retenus par des ponts sur une platine unique. Ce type de mouvement, protégé de la poussière par une cuvette, est ensuite monté dans des boîtes dont la lunette est fixe, interdisant de ce fait l’accès au cadran pour le protéger de la maladresse des utilisateurs. 
Ils sont aussi les premiers horlogers suisses à produire, pour le marché chinois, des montres de forme ovale. Ils en soignent particulièrement le décor des pièces composant le mouvement. 
Enfin, la montre à oiseau chanteur est une des toutes premières applications du système de chant développé par Pierre Jaquet Droz : le sifflet à piston coulissant. Cette invention majeure permet d’imiter à la perfection le chant des oiseaux en modulant le son par un seul sifflet alors que dans les serinettes, utilisées jusqu’alors pour éduquer les oiseaux, plusieurs tuyaux d’orgue étaient nécessaires. 
Cette invention permettait ainsi de loger un grand nombre d’oiseaux chanteurs dans des pièces de très petites dimensions comme des tabatières, des montres flacons, des lorgnettes de théâtre et même des pistolets. 
A noter que les montres Jaquet Droz se distinguent particulièrement par la qualité de leurs décors émaillés, les rangs et cercles de perles entourant la boîte et surtout le recours à l’émail flinqué : un émail translucide bleu sur fond guilloché qui confère au fond de boîte une lumière et des reflets extraordinaires. 
C’est à partir de ces modèles que l’expression « le bleu Jaquet Droz » est née.

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