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Musée JEANRICHARD des machines et outils horlogers

9 février 2011

La marque JeanRichard a inauguré son musée des machines et outils horlogers dans "Le château" c’est ainsi que les habitants du quartier ont appelé la belle bâtisse qui abrite aujourd’hui le musée.

Construite en 1908 par l’architecte chaux-de-fonnier Léon Boillod, elle est imposante avec son toit aux multiples pans et ses nombreux décors sculptés en façade. L’aménagement d’origine de la villa comportait un «bel étage» au rez-de-chaussée, où les propriétaires recevaient leurs hôtes dans la bibliothèque, la salle de concert ou encore la chambre à manger.
Le premier étage était réservé aux maîtres de maison, alors que le personnel logeait au second. Au milieu du 20e siècle, la disposition fut modifiée: on aménagea un appartement par étage et rien moins qu’une belle piscine en sous-sol. Détail remarquable: les sculptures des façades, la mosaïque ornant le sol de la bibliothèque et les moulures aux plafonds sont l’œuvre des élèves du cours supérieur de l’école des Arts et Métiers de La Chaux-de-Fonds, dont est issu, entre autres, un certain Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier.
Le professeur ayant supervisé leurs travaux, André Evard, était l’une des figures très importantes du puissant courant Art Nouveau régnant sur La Chaux-de-Fonds au début du 20e siècle.

Selon un guide paru en 1766 1, Daniel JeanRichard naquit en 1665 au hameau des Bressel, à mi-chemin entre La Chaux-de-Fonds et le Locle.

L’année de ses 15 ans, il eut l’occasion de voir une montre pour la première fois. Un tel objet était en effet inconnu dans les Montagnes neuchâteloises: depuis la Renaissance, l’horlogerie que l’on porte sur soi se développe principalement dans les grandes villes d’Europe, là où les horlogers trouvaient la clientèle fortunée capable de s’offrir de telles pièces. La montre en question avait été rapportée d’Angleterre par un marchand de chevaux, et s’était détraquée lors du voyage de retour. Connaissant l’habileté de l’apprenti-forgeron du village, le marchand lui confie sa montre, Daniel l’étudia, la répara et décida d’en réaliser une semblable.
Un an plus tard, il signait sa première montre. Par la suite, il fut amené à travailler sur d’autres pièces, reçut des commandes et développa son atelier. Il construisit une machine à tailler les engrenages puis la mit à la disposition de ses confrères.
Il forma des apprentis et enseigna l’horlogerie à ses fils qui, eux aussi, formèrent de nouvelles recrues.

Entre légende et réalité, il a été établi qu’outre la fabrication des montres, les horlogers de la région lui doivent l’invention de machines et d’outils, ainsi que l’établissement des bases régissant l’apprentissage du métier. En 1692, il est pour la première fois qualifié de «maître horloger». Trois ans plus tard, fort de ses connaissances dans le domaine de l’orfèvrerie, il se donne le titre d’horloger-orfèvre.

Détail du tableau d’Auguste Bachelin (1830-1890), «Daniel JeanRichard promet de réparer la montre d’un voyageur».
© Musée d’art et d’histoire, Neuchâtel, Suisse

Ainsi, plus de 100 machines et outils couvrant les trois siècles nous séparant de Daniel JeanRichard racontent l’histoire des moyens de développement, de fabrication ou encore de réglage. Le concept didactique du musée repose sur deux notions fondamentales: la synergie entre le travail manuel et celui de la machine d’une part, et le fait que cette complémentarité a toujours existé d’autre part.
Pour les professionnels de l’horlogerie, c’est tout à fait évident. Pour le public, beaucoup moins. Le terme Manufacture lui-même peut donner lieu à confusion: il signifie «fait à la main» alors qu’en réalité, comme décrit précédemment, les machines ont aidé les horlogers depuis le début.

Le musée se compose de trois salles d’exposition, d’une bibliothèque et d’un centre de formation horlogère


Un établi de graveur à 5 places, tel qu’il est décrit dans l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

La plus ancienne machine de la collection est ce tour à guillocher datant du début du 18e siècle.

Machine à tailler les dentures, elle date de 1785.
Son disque comporte une série de lignes concentriques. Chacune est percée d’un nombre de trous précis et numérotée en fonction du nombre de dents à tailler.

Petite machine à polir les ailes des pignons. Il s’agit de l’unique machine du genre connue, avec son corps en bois. Elle date de la fin du 19e siècle.

Vibrograf, premier appareil à mesurer instantanément la précision d’un mouvement, 1937.

Un petit micromètre à main

Machine à compter les spiraux

Trois tours d’horloger, avec en arrière plan une vue d’un atelier de la fabrique de balanciers de La Sagne, vers 1900. Tout comme celle de l’atelier, la machine du milieu est entraînée par une courroie mue par un axe tournant au plafond. En l’absence d’électricité, l’énergie est fournie par une machine à vapeur, propriété de la fabrique.

Le musée est ouvert sur rendez-vous.

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